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aronashuza

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Création : 25/05/2009 à 11:35 Mise à jour : 12/01/2010 à 08:28

Blog de aronashuza

lucky dube

[
Lucky Dube, le 22 août 2007.

________________________________________
Nom Lucky Philip Dube
Naissance 3 août 1964, Ermelo, Mpumalanga, Afrique du Sud

Pays d'origine Afrique du Sud

Décès 18 octobre 2007

Profession(s) Chanteur

Genre(s) Reggae, Mbaqanga.

Années actives 1982 - 2007
Site Web Site officiel

Lucky Philip Dube (se prononce doubé) alias Lucky Dube, est un chanteur sud-africain de reggae né le 3 août 1964 à Ermelo, Mpumalanga, Afrique du Sud et mort le 18 octobre 2007 à Rosettenville. Il repose près de Newcastle, dans la province de Kwazulu Natal.
Sa mère le surnomme lucky, qui signifie « chanceux » en anglais, car de sa naissance à l'âge de quelques mois, il se bat contre une maladie grave[réf. nécessaire]. Selon CNN, ce nom lui aurait été donné parce qu'il est né après une série de fausses couches1. Dube signifie « zèbre » en zulu. Il grandit dans une famille mono-parentale, avec son frère Joe.
Il chante son enfance, son vécu, l'histoire, l'Afrique du Sud (situation politique, apartheid), l'Afrique, l'Homme, les problèmes politiques, sociaux, personnels et humains. Il lutte contre les discriminations raciale et ethnique, contre la ségrégation et l'exclusion et en appelle à l'unité entre les hommes.
o
Carrière]
Lucky Philip Dube profite de ses vacances scolaires pour enregistrer ses premières chansons à 18 ans, avec le groupe The Love Brothers et sortir l'album Lucky Dube and The Supersoul, en 1982, dont il est le chanteur principal. Il n'a ni écrit ni composé les chansons de celui-ci, contrairement aux albums suivants. Sur l'opus suivant, Rastas Never Die, sorti en 1984, Lucky Dube crée l'intégralité de l'album seul, aidé en studio d'un certain Dave pour les effets. Rastas Never Die est un mini album reggae.
Il remporte de nombreux Prix au fil de sa carrière, tant à titre personnel que pour certains de ses albums ; aux Ghana Music Awards de 1996 il est l'« Artiste International de l'Année », et aux World Music Awards de Monte Carlo, Serious Reggae Business décroche une récompense pour l'« 'Album le mieux vendu ».
Lucky Dube a chanté en duo avec des artistes comme Sinead O'Connor, Michael Jackson, Seal, Ziggy Marley, Céline Dion, Sting, etc.
Croyances et engagement [modifier]
Lucky Dube affirme croire en l'unicité de Dieu, ne pas fumer et ne pas toucher à l'alcool, tout en respectant les points de vue et la culture de chacun. Il dit : « Si être rasta, c'est d'avoir des dreadlocks, fumer de la ganja et se souler, alors je ne suis pas rasta. Je suis rasta, si être rasta c'est une conviction, une façon "saine" d'être. »
Dans une interview, il dénonce en outre les religieux qui appellent à la violence. Il dit « apprécie[r] l'homme qu['il est] », et dit que One Love est un de ses morceaux phares de Bob Marley, car ce morceau appelle Noirs et Blancs à vivre paisiblement. Il s'en inspire musicalement. A ses débuts, il reprend "One Love", "Buffalo Soldier" à l'ouverture de son concert, en 1989, et sur scène comme BOB, LUCKY est toujours entouré de trois choristes.
Circonstances de sa mort [modifier]
Il est tué par balles, le 18 octobre 2007, au cours d'une tentative de vol de sa voiture à Rosettenville dans la banlieue de Johannesbourg, vers deux heures du matin. L'artiste est mort sur le coup, touché par les tirs des malfaiteurs devant son fils de 16 ans et sa fille de 15 ans. Le jour-même, un hommage public lui est rendu dans sa ferme, près de Newcastle. Les cinq auteurs présumés sont interpelés dans les jours qui suivent.
Un concert-hommage est organisé à Johannesbourg, le 24 octobre 2007. De nombreux artistes, amis et proches s'y succèdent, à l'exemple des Mahotella Queens, trois artistes, trois Reines de mbanqanga, qui chantent puis prennent la parole pour dénoncer l'insécurité dans le pays. Thabo M'béki, alors président en exercice, lui rend hommage, condamne le meurtre de Lucky DUBE, tout en appellant les sud-africains à "agir". Et en dénonçant une unnième fois le fléau accru de la criminalité, en Afrique du sud. Un discours que le chef du gouvernement sud-africains tient avant de s'envoler pour Paris, où se disputait la finale de la Coupe du monde de Rugby, qui opposait le 15 de la Rose d'Angleterre aux Springboks de Bryan HABANA, ce dernier qui recevait alors le trophée de son président M'béki.
Discographie [modifier]
• Lengane Ngeyethu (1981)
• Kudala Ngikuncenga (1982)
• Kukuwe (1983)
• Abathakathi (1984)
• Rastas Never Die (1984)
• Think About The Children (1985)
• Ngikwethembe Na? (1985)
• Help My Krap (1986)
• Umadakeni (1987)
• Slave (1987)
• Together As One (1988)
• Prisoner (1989)
• Captured Live (1990)
• House of Exile (1991)
• Victims (1993)
• Trinity (1995)
• Serious Reggae Business (1996)
• Taxman (1997)
• The Way It Is (1999)
• Africas Reggae King (compilation) (2001)
• The Rough Guide To Lucky Dube (compilation) (2001)
• Soul Taker (2001)
• The Other Side (2003)
• Respect (2006)
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#Posté le vendredi 12 juin 2009 11:27

Modifié le vendredi 12 juin 2009 12:06

GUERRE EN RDC

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LAVOIXDUCONGO
Forum de partage des idées entre les Congolais(es)...Masolo entre bana mboka...Mazungumuzo ya wa Congolais(es)..... Nouvelles concernant la RDC
04 novembre 2008
Guerre de l'Est : les tireurs des ficelles

A qui profite la guerre de l'Est ? Interrogation pertinente au moment où l'on se prépare à une nouvelle rencontre au sommet, au plan régional, à Nairobi pour ramener la paix en République démocratique du Congo. Si cette rencontre ne répond pas à cette interrogation, elle est vouée à l'échec. Ce serait continuer à tourner en rond et en dérision le peule congolais.

La Communauté internationale se penche à nouveau sur ce « grand malade » qu'est le Congo pour lui administrer une nouvelle thérapeutique. Attitude résultant de la troisième guerre qui sévit actuellement dans le pays avec une situation humanitaire catastrophique.

Initiative encourageante mais qui risque de n'apporter aucune solution durable tant que l'on n'ira pas au fond du problème. C'est-à-dire, s'appesantir sur les causes profondes de toutes ces guerres à répétition. En d'autres termes, dénicher les vrais commanditaires de ces crimes ainsi que les vrais bénéficiaires. D'où la nécessité de répondre à cette interrogation : A qui profite la guerre de l'Est ?

Eluder cette question au moment où le CNDP amorce le morcellement du territoire national sans qu'il soit condamné par la communauté internationale, consisterait à se moquer merveilleusement du peuple congolais. Ce serait exprimer du mépris envers la Nation congolaise pour mettre à exécution un plan machiavélique qui a pour finalité de consacrer l'inexistence de la Nation et de l'Etat congolais.

Sinon, comment expliquer que le Dialogue intercongolais, la période de transition avec la fameuse formule 1 + 4, l'organisation des élections, la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, l'Accord de Washington, Tripartite plus 1, l'Accord de Nairobi, la Conférence de Goma n'aient pas pu ramener la paix en République démocratique du Congo ? Les Congolais seraient-ils incapables de comprendre le langage de la paix, de la sécurité et du développement ?

Aujourd'hui, l'on est à la case départ avec les mêmes acteurs, les mêmes financiers comme ce fut lors de la signature de l'Accord de Lusaka. Le Kivu, toujours à l'Est, est à feu et à sang et Rutshuru échappe au contrôle de Kinshasa. C'est qu'il y a anguille sous roche. Que l'on continue à tourner autour du pot en évitant d'aborder les vraies questions de fond.

L'EXISTENCE D'UN COMPLOT

Eviter d'aborder les questions de fond demeure une preuve irréfutable de l'existence d'un complot. Un vaste complot, comme déjà souligné dans l'une de nos dernières livraisons, qui soit à la fois interne et externe.

Interne, de par l'existence des « Faucons » congolais. Les va-t-en guerre qui ont toujours adopté des positions radicales dans le but de soutenir une option militaire. Mais en réalité, ils visent les prébendes de cette guerre en s'enrichissant illicitement avec le sang des autres. Ces constructions insolentes que l'on observe dans la capitale et certains chefs-lieux de province constituent l'une des faces à découvert de l'iceberg. A en croire quelques rumeurs, la guerre coûterait mensuellement 8 millions de dollars à l'Etat congolais. Une somme à ne pas justifier puisque classée dans la rubrique des « efforts de guerre et dépenses de souveraineté ». Ces extrémistes, tant qu'ils exerceront une influence sur la prise de décisions à quelque niveau du sommet de l'Etat que ce soit, ne favoriseront jamais une attitude flexible pour un compromis politique. La guerre pour eux demeure un fonds de commerce à entretenir par tous les moyens.

La même catégorie de « Faucons » se retrouve également dans les pays voisins qui ont reçu « mandat » d'agresser la République démocratique du Congo, si pas les régimes en place. Ils doivent leur existence de par la continuité de cette guerre. Effectivement, les Interahamwe ont servi de prétexte pour pousser ces pays voisins sur le sentier de la guerre, oubliant qu'ils étaient en train d'exporter leur idéologie de violence interethnique dans les territoires voisins. Obnubilés par ce pouvoir de domination, d'étendre des territoires géographiques, ils ont opté de bâtir leur pyramide de pouvoir sur l'argent et le fusil. Raison pour laquelle ils se sont acharnés à se constituer des « solides économies de guerre » pour mieux entretenir leur pouvoir, alors que leurs fonds propres ne peuvent permettre ce genre d'aventure militariste.

Une nouvelle classe de dirigeants est en train d'émerger dans ces pays grâce aux trafics illicites des matières premières et des armes. Les mutations qui s'opèrent dans ces pays limitrophes sur le plan social ne sont nullement synonymes de « bonne gouvernance », mais bel et bien découlant du butin de la guerre.

Mais au-dessus de tous ces faucons tant en République démocratique du Congo que dans les pays voisins, les multinationales, jusqu'ici anglo-saxonnes, tirent les ficelles dans l'ombre. Elles passent pour les vraies commanditaires de toutes ces guerres tant elles organisent tout et pèsent de tout leurs poids financiers sur la politique étrangère de leurs pays. Ce sont elles qui donnent les gros moyens financiers à leurs gouvernements pour exécuter leur politique sociale et monétaire. La preuve la plus irréfutable est cette crise financière internationale qui vient de secouer sérieusement le monde occidental avec la désarticulation du système bancaire. Conscients de la fragilité de leurs régimes, les gouvernements occidentaux se sont solidarisés pour soutenir les banques privées. Du jamais vu dans un régime capitaliste, plutôt que de les sanctionner à cause de leur faillite.

Cette crise est bel et bien une lumière pour comprendre les causes cachées de la guerre à l'Est. Notamment au Kivu, région riche avec la province Orientale, à l'image de l'Afghanistan à cause de la mer Gaspienne pour son gaz, l'Irak avec son pétrole. La RDC recèle du pétrole, du diamant, du gaz, de l'or, du bois, du nobium, du coltan, etc.

Donc des multinationales qui ne reculent devant aucun sacrifice, sont sans état d'âme et disposent des « pions majeurs » au sein des gouvernements occidentaux, dans des institutions internationales pour servir leurs causes et leurs intérêts, orienter les grandes décisions au niveau du Conseil de sécurité des Nations unies. La faiblesse des missions de paix de l'Onu tant en Angola, au Rwanda, en Bosnie Herzégovine, qu'en Somalie, et maintenant en République démocratique du Congo n'est point un fait au hasard. Ce sont des échecs voulus, programmés et qui profitent à tous ces commanditaires pour qu'ils prennent le contrôle des gouvernements et les richesses de leurs pays, érigent des « Etats nains » à travers le monde pour le même objectif.

LE DERNIER MOT AUX CONGOLAIS

L'heure est grave. La Nation congolaise est réellement en danger. Il appartient aux Congolais de mieux saisir ce complot et de l'éventrer. Nairobi I, II, III ou IV n'apporteront rien de positif si les Congolais ne se rendent pas compte que parmi les bénéficiaires de ce guerres, certains compatriotes en mal de gloire et cupides trahissent leur pays. Ce sont des traîtres, des complices, des loups dans la bergerie. Que des voisins ne cherchent qu'à affaiblir ce «géant » de l'Afrique dans cette lutte de leadership dans la région pour l'assujettir. Ils sont soutenus dans cette entreprise machiavélique par des multinationales qui ne voient que leurs intérêts économiques et financiers. Et que, par contre, des millions de morts qu'affiche déjà la RDC ne sont que des « faits divers » à leurs yeux.

Le problème fondamental pour restaurer la paix, la sécurité et le développement de la RDC et de la région des Grands Lacs, consiste à décourager tous ces vrais bénéficiaires de cette guerre de l'Est. C'est le combat permanent que doit livrer le peuple congolais qui ne peut plus se permettre ce « geste suicidaire » de se tromper de cibles. Il n'a pas de choix et doit poser le problème en ces termes s'il tient à la survie de son espèce dans cette planète, à l'existence de l'Etat et de la Nation Congo.

«Il faut que l'élite congolaise soit élargie à l'ensemble de la classe dirigeante. Depuis pratiquement 20 ans, la RDC n'a plus d'armée. Celle-ci a beaucoup plus de figurants portant des galons. Or l'armée, c'est la colonne vertébrale d'un pouvoir. Je vous ai parlé de ces puissances présentes en Afrique centrale, précisément au Congo. Je vous ai dit que l'Est du Congo est devenu une zone d'influence anglo-américano-sud-africaine. Le monde anglo-saxon qui gère ces pays-là a trouvé une porte d'entrée avec comme tête de pont le Rwanda et l'Ouganda. Il a armé le Rwanda et l'a poussé à attaquer le Congo. Dès la première invasion en 1997, on savait comment cela a été financé. Le Rwanda n'a pas un budget pour lancer une guerre au Congo. Au début, cette guerre était financée par ces puissances extérieures. Aujourd'hui, la guerre est financée par les produits de vente des ressources minières que le Rwanda exploite au Congo. La présence des Banyarwanda dans l'armée, des gens qui ont toujours le cordon ombilical avec le Rwanda fait que ce pays est toujours bien informé de tout ce qui se fait au Congo. Dans mon livre, je fais voir comment les armées de la région ont évolué au cours de ces dernières années. J'ai été dans ces pays-là, j'ai discuté avec les ambassadeurs dont certains me révélaient que l'armée de tel ou tel autre pays vient d'acquérir des chars de combats et autres auto-blindés. Mais avec quel argent ? Pour quel objectif ? Sachant très bien que l'agresseur se trouve en face d'un géant aux pieds d'argile – et la chute de Kisangani a été cette grande révélation. On avait compris qu'il n'y avait rien devant. Et jusqu'ici, il n'y a toujours rien. Tous les efforts consentis pour avoir une armée sont faits avec ou par le Rwanda ou annihilés par celui-ci. Ceux qui sont derrière ce pays sont aussi ceux qui devant les Congolais plaident pour le mixage afin de monter une armée congolaise. Depuis quand reconstruit-on une armée avec les anciens rebelles ? Nous sommes déjà mal partis de ce côté-là».

Kinshasa, 3/11/2008 (LP/MCN, via mediacongo.net)
Posté par CongoMelingo à 04:09 - GUERRE DE L'EST DU CONGO - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
30 octobre 2008
Qui sème la haine.....

Au Kivu comme ailleurs au Congo, la population avait voté pour la paix et elle espérait bénéficier bientôt des dividendes de cette démocratie retrouvée. La tragédie de l'Est, le Kivu mais aussi l'Ituri, où tous les brasiers se sont rallumés, rend plus cuisante encore la déception quotidienne : les promesses n'ont pas été tenues, la corruption n'a pas été vaincue, le redressement, qui n'est pas assez soutenu par l'aide internationale, est trop lent pour répondre aux espérances et aux besoins.
Sur ce fonds de mécontentement latent, la colère suscitée par les évènements de Goma pourrait faire exploser le chaudron social et contribuer à la stratégie de la déstabilisation. La ranc½ur populaire visera peut-être le pouvoir en place, et elle réussira peut-être à l'ébranler sinon pire.
Mais elle fera d'autres victimes encore, à court et à long terme : Laurent Nkunda, ses compagnons de bataille et ses protecteurs rwandais assurent qu'ils se battent pour défendre les Tutsis congolais, une minorité qu'ils disent menacée, alors que depuis des années des efforts notoires ont été déployés pour leur faire place dans les institutions de la république, au même titre que tous les autres citoyens et effacer le souvenir des années de guerre.
En réalité, les rebelles, des militaires en rupture de ban, des tueurs recherchés par la justice internationale, des « soldats sans frontières » dont on connaîtra un jour les origines et les commanditaires, risquent de provoquer ce qu'ils prétendent vouloir éviter : une ranc½ur durable à l'égard des Tutsis congolais pris comme prétexte à leurs aventures guerrières. Dans les camps de déplacés déjà, on signale des tensions, des regroupements en fonction des différentes ethnies...
Quant au président Kagame, qui, à des degrés divers, est le « parrain « incontestable de Nkunda, et qui, après la terrible expérience du génocide, se montre si soucieux de la sécurité de son peuple, il devrait savoir qu'à terme, la dissuasion par la force ne représente qu'un éphémère rempart. La haine, semée par la violence, l'humiliation, voire le mépris finit toujours par refaire surface. Même si Nkunda ou d'autres sbires lui taillent une « zone tampon » le long de la frontière, ils ne le protégeront jamais contre la ranc½ur et le désir de revanche qui ont été inutilement semés chez ses voisins...

C.Braeckman
Posté par CongoMelingo à 03:13 - GUERRE DE L'EST DU CONGO - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
07 octobre 2008
Kagame keba keba keba !

Kabila accuse directement Kagame face aux élucubrations de Nkundabatware
Kinshasa, 06/10/2008 / Politique

Kinshasa va droit au but en accusant Kigali non seulement de simple soutien à Nkunda dans l'Est du pays, mais également de renforcer ses positions le long de la frontière avec Bunagana et à Kibumba au Nord-Kivu. Les récentes déclarations de Nkunda n'ont pas laissé le Gouvernement congolais indifférent. Kinshasa, par le truchement de son ministre des Affaires étrangères, n'est pas allé par le dos de la cuillère. Il a accusé Kigali non seulement de simple, soutien à Nkunda dans l'Est du pays mais, également de renforcer ses positions le long de la frontière avec Bunagana et à Kibumba au Nord-Kivu. Le ministre congolais des Affaires étrangères Antipas Mbusa Nyarnwisi a fait part de ses préoccupations lors d'une rencontre samedi dernier à Kinshasa avec les ambassadeurs des Etats-Unis, de la France, de la Chine, de la Grande-Bretagne et de la Russie.

Il les a appelés à “ jouer pleinement leur Rôle ”. pour faire respecter l'intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo menacée par le Rwanda, qui agit “ en violation flagrante de tous les processus (de paix) en cours ” pour stabiliser l'Est du pays ainsi que l'ensemble de la région des Grands Lacs africains, poursuit un communiqué du Ministère des Affaires étrangères.

Le chef rebelle Nkunda a appelé jeudi tous les Congolais “ à se mettre debout contre le gouvernement de Kinshasa ”. Des combats opposent depuis le 28 août son mouvement aux Forces armées gouvernementales dans les collines du Nord-­Kivu, région frontalière avec le Rwanda, en violation d'un cessez-le ­feu consécutif à l'accord de paix de Goma, signé en janvier 2008.

Le 18 septembre, le président Joseph Kabila avait affirmé que le Rwanda n'était “ pas innocent ” dans la reprise des combats entre l'armée gouvernementale et le CNDP. Kigali avait immédiatement rejeté ses allégations les qualifiant de “fausses”.

L'ONU condamne les menaces de Nkunda

La Monuc a fermement condamné l'appel du chef rebelle Laurent Nkunda demandant aux Congolais de “ Se mettre debout ” contre le gouvernement de Kinshasa.

“ La Mission de l'ONU en RDC a condamné énergiquement la déclaration récente de Laurent Nkunda qui s'insurge contre le gouvernement élu et légitime de la Ré Publique démocratique du Congo ”, indique le texte.

“ La Monuc et la Communauté internationale ne tolèrent pas cette nouvelle tentative de déstabiliser le processus politique ”, poursuit le communiqué.

Elle a également condamné “ avec fermeté ” toute tentative visant à “ attiser les tensions en prônant une solution militaire au conflit dans les Kivu ”.

Des combats opposent depuis le 28 août le Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Nkunda aux Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) dans les collines du Nord-Kivu, en violation d'un cessez-le-feu consécutif à l'accord de Paix de Goma , signée en Javier 2008.

La Monuc rappelle que les accords de Goma et le “ Programme Amani ”, mis en place avec la participation de la Monuc et de la Communauté internationale pour faire appliquer l'accord de paix de Goma, demeure le seul cadre viable en vue d'une résolution pacifique des différends qui opposent les parties dans l'Est de RDC.

Elle demande à tous les groupes armés, en particulier le CNDP, “ à adhérer à ce processus dans les meilleurs délais (...) et à respecter les engagements ” pris à Goma.

Elle salue enfin “ la volonté exprimée par de nombreux Congolais qui ont récemment manifesté dans plusieurs localités du pays en faveur d'une paix durable en RDC ” de Goma, signé en janvier 2008.

Le chef de la Monuc, Alan Doss, a annoncé vendredi à New York avoir déposé auprès du Conseil de Sécurité “ une demande de moyens additionnels, de troupes supplémentaires ” pour mieux faire face au regain de violence en RDC. Avec plus de 17.000 soldats, la Monuc est la plus importante force de maintien de la paix de l'ONU. Elle aide les forces gouvernementales dans leur tentative de rétablir l'autorité de l'Etat dans un pays immense et instable depuis des années, frontalier notamment du Rwanda, de l'Ouganda, du Soudan, de la Centrafrique et de l'Angola.

(SL/Milor/GW/Yes)

Le Palmarès
Posté par CongoMelingo à 00:45 - GUERRE DE L'EST DU CONGO - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
05 septembre 2008
Combats au Kivu : la RDC sous l'emprise des multinationales

La paix demeure toujours fragile en République démocratique du Congo. La reprise des combats au Kivu, entre les Fardc et le CNDP de Nkunda, atteste que le Congo n'est pas encore sorti de l'auberge. Malgré toutes les initiatives de paix, rien n' y fait. C'est dire que le problème est profond. Il repose sur des enjeux beaucoup plus géostratégiques qu'un simple fait divers national et sous-régional. Il y a l'ombre des multinationales enclines à ne pas tolérer que la Rdc dispose d'un leadership fort.

Dans son dernier point de presse, le gouverneur de la province du Sud Kivu, Louis Léonce Mudehrwa, a porté une grave accusation sur la place publique en recevant 13 groupes armés de sa province. Le gouverneur dénonce que « leurs éléments sont entretenus par des personnalités politiques tapies dans la capitale». «Ces gens sont à Kinshasa, ont des voitures, des cravates et voyagent avec l'argent du gouvernement. Il suffit qu'une personnalité ne trouve pas son compte dans un partage quelconque des postes à Kinshasa, le lendemain tel groupe tire, tue et viole », a-t-il précisé.

Grave accusation qui soutient la thèse d'un « fonds de commerce » entretenu par certaines personnalités tant à Kinshasa, à Kigali que dans quelques capitales occidentales. Certes, à en croire le Groupe conjoint de suivi, JMG, de l' Accord de Nairobi, certains progrès ont été réalisés. Mais tant que les forces négatives n'ont pas été neutralisées, et que bien plus, elles continuent à renforcer leur capacité militaire, le cas du CNDP qui s'est affronté dernièrement avec les FARDC, la République démocratique du Congo n'est pas encore sortie du tunnel. Cette accusation du gouverneur du Sud-Kivu, confirme, si besoin en est encore, la présence des « loups» dans la bergerie.

DES ENJEUX GEOSTRATEGIQUES

Si cette thèse s'affirme, il revient à dire que ces personnes poursuivent un but précis : le fonds du commerce. Ou dans le cas contraire, elles sont manipulées par des forces occultes qui ont d'autres objectifs à atteindre.

Tout est possible dans la mesure où lors de l'évaluation des causes principales de l'insécurité à l'Est, ou des guerres d'agression subies par la RDC, ces manoeuvres de déstabilisation dignes du terrorisme international s'inscrivent dans un contexte d'un vaste complot, planifié depuis de longues années.

Au fait, la Rdc n'en est pas à son premier calvaire. En pleine période de la guerre froide, les deux blocs antagonistes, Est-Ouest, se sont acharnés en territoire congolais pour contrôler ce point stratégique qu'est la RDC. Ils utilisaient la même stratégie par des Congolais interposés.

Aujourd'hui, ils s'appuient sur la même tactique, poussant leurs pions, les «groupes armés » soutenus par des Etats voisins, pour déstabiliser le Congo. Son malheur ? Son étendue géographique. Son péché mortel ? Toutes ses richesses naturelles incommensurables : eau, minerais, pétrole, gaz, forêt...

Si autrefois, la région de prédilection était le Katanga avec le cuivre et l'uranium, cette fois, c'est le Kivu avec le coltan et le nobium. Toute cette insécurité n'est que mise en scène pour maquiller toutes ces initiatives funestes. Certes, les forces négatives, particulièrement les ex-Far ou Interahamwe, sont une réalité.

Mais un beau prétexte pour noyauter et infiltrer davantage la Rdc jusqu'à la tourner en dérision. Et cela tout le temps que ça prendra, sans lâcher prise. Sinon comment comprendre l'inefficacité de toute cette armada installée dans cette région à telle enseigne qu'elle soit incapable de neutraliser les forces négatives ? Pourquoi multiplier les «conférences de paix » en RDC comme si les Interahamwe constituaient un problème congolais alors qu'il est rwandais et la solution définitive ne peut venir que du Rwanda ? Tout le monde le sait, communauté internationale et pouvoir de Kigali y compris. Mais tout le monde tourne le dos à la solution dès lors qu'elle apparaît à l'horizon pour se rabattre sur des subterfuges.

Que dire du CNDP de Laurent Nkunda ? Ce groupe armé joue le même rôle auquel s'adonnent toutes les forces négatives.

A travers ses déclarations, le chef des insurgés a maintes fois prouvé qu'il était «bien renseigné et soutenu ». En plus, ses « actions » sont bien planifiées, donc calculées. Les derniers combats qui ont mis à mal le Programme Amani se sont déroulés à la veille du IIIème sommet de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs prévu à Kinshasa. Mais surtout au moment où le Programme Amani s'apprête à entamer l'étape cruciale de désarmement, de démobilisation des groupes armés. Plus grave, Nkunda qui a justifié l'existence de son groupe armé pour traquer les «Interahamwe», fait plutôt la guerre à l'armée régulière de la République démocratique du Congo au vu et au su de la MONUC, pour ne pas dire de la Communauté internationale. Allez-y comprendre quelque chose.

Non. Il s'agit d'un travail de sape, des coups de boutoir pour fragiliser le pouvoir de Kinshasa, affecter son autorité afin de l' opposer aux populations locales avant de s'engager lentement mais sûrement dans le schéma du Kosovo, de l' Ossétie du sud et de l' Abkhazie. Sur internet circule déjà un message qui distille ce venin de la « sécession ». Et toute riposte musclée serait assimilée à un « autre génocide » : carte rouge que l'on brandirait au pouvoir de Kinshasa.

Et le tour est joué pour créer de nouvelles frontières d'un nouvel Etat. C'est la tactique classique occidentale qui vient de faire des émules en Russie, dans le Caucase. La leçon continuera à faire d'autres émules tant que la RDC constituera une pépinière susceptible de soutenir plusieurs économies, de consolider les positions des «groupes identitaires » qui émergent progressivement à travers le monde et dicteront dans un proche avenir les « politiques nationales » avec leurs hommes en main au pouvoir. Fini le règne de l'Etat-Nation. Vive les Etats nains.

L'on vient d'évoquer l'autre aspect important de l'insécurité permanente au Kivu. Tous ces «groupes identitaires » qui se reconnaissent dans des multinationales s'emploient à freiner le développement de la RDC pour qu'elle ne retrouve pas son « leadership fort » d'autrefois.

Des objections soulevées lors de la signature des contrats entre la Chine et la RDC visent à priver le Congo des infrastructures modernes pour bloquer son développement. L'affirmation de la Chine dans un Etat à même de servir de rampe de la relance du développement de tout un continent affecterait l'influence de l'Occident. Ainsi apparaissent les « faiseurs de guerre » dans ce complot international contre la RDC.

LA DYNAMIQUE NATIONALE

La situation dramatique au Kivu qui menace manifestement l'intégrité territoriale de la RDC doit être vue sous cet angle. Les commanditaires de ce complot international continueront à fabriquer des « ennemis » au Congo pour que les Congolais s'entretuent. Ils alimenteront la méfiance dans le but de repousser la confiance au plan interne et d'éloigner le développement de la RDC.

Le gouverneur de la province du Sud-Kivu appréhende déjà la chose en parlant des groupes armés : « Cependant, prévient-il, il ne faudrait pas céder à la naïveté et croire qu'ils vont du jour au lendemain quitter tous et volontairement la province. Certains semblent installer à demeure et ont fondé des familles avec des Congolais ». Naïveté, le mot est lâché.

Il souligne d'autre part que le problème des FDLR est à la fois national et peut-être provincial. «Mais il faut d'abord trouver des solutions aux conflits qui déchirent les Congolais entre eux avant de traiter de la question des étrangers », a-t-il insisté.

En d'autres termes, il faudra une dynamique nationale, dans un sursaut de mobilisation générale, à travers laquelle les Congolais comprendront réellement le vrai danger. L'«élite qui nous gouverne» devrait servir de locomotive pour quitter ce vieux sentier battu de «naïveté» qui conduit indubitablement au suicide collectif. Plutôt que de se confondre dans une attitude compromettante.

Elle devrait faire preuve de haute responsabilité politique, de nationalisme éprouvé pour écarter cette menace de consacrer l'inexistence de l'Etat et de la Nation au Congo.

Il y a effectivement péril en la demeure : la République démocratique du Congo est au centre des enjeux géostratégiques. Comme aux temps forts de la guerre froide.

Kinshasa, 4/09/2008 (Le Potentiel, via mediacongo.net)


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18 février 2008
L'Onu désarme la Rdc face à ses belliqueux voisins

lundi 18 février 2008,

par O.P.B.K *

Le Conseil de sécurité de l'Onu pense que la situation en Rdc serait une menace contre la paix internationale notamment à cause de la présence des groupes armés. Pour cette raison, il faut empêcher que les armes soient vendues dans ce pays. *La logique du Conseil de sécurité étonne. Le Congo qui doit lutter contre les groupes armés a plus que le Rwanda, besoin d'armes. Sinon comme faire face à ces groupes armés ? *La vérité dans cette affaire, c'est que le Conseil de sécurité se veut protecteur du Rwanda et accuse la Rdc d'être une menace contre le régime rwandais. *Pour empêcher que les armes arrivent aux groupes armés congolais, ne fallait-il pas imposer l'embargo au Rwanda qui, plus d'une fois, a armé et arme encore des groupes armés à l'Est de la Rdc ? Lorsque le gouvernement congolais fait l'état de la nation, le constat est que la situation est généralement calme. Personne ne peut démentir cette réalité. Sur onze provinces que compte le pays, neuf vivent dans la paix, même si celle-ci n'est pas définie comme absence de la guerre. Personne ne veut voir s'installer ou jouir au lendemain un paradis terrestre dans ce pays. C'est pourquoi l'absence de guerre est une paix préalable à toutes les sortes de paix. Ce constat n'est pas celui de toute la communauté internationale. Il semblerait que, selon l'Onu, la situation en République Démocratique du Congo continue à être une menace pour la paix et la sécurité internationale. Qui dit internationale, dit Grands Lacs africains. Mais si on pousse l'analyse très loin, on constatera que par Grands Lacs, on entend le Rwanda. Ce constat a été fait par le Conseil de sécurité des Nations Unies lors de sa réunion de vendredi dernier à New York. Le communiqué diffusé le week-end dernier par le service d'information des Nations Unies est inquiétant. Partant du constat qu'une menace de trouble de la paix internationale planerait sur la Rdc, le Conseil de sécurité de l'Onu a reconduit les sanctions contre la RDC. Il s'agit entre autres, de l'embargo sur les armes, mesure imposée en 2003 et reconduite en 2005. Plus inquiétant, ce qui montre que la Rdc n'est défendue par personne sur la scène internationale ; ce constat apparemment incorrect a été partagé par tout le monde. Par conséquent, la résolution y relative a été votée à l'unanimité. Le communiqué du département de l'information des Nations Unies rappelle que le constat selon lequel la Rdc serait une menace à la paix internationale vient du fait qu'il y aurait poursuite des mouvements d'armes illicites à l'intérieur du pays et à destination de la RDC. Le Conseil de sécurité serait également préoccupé, d'après la même source, par la présence des groupes armés et des milices dans l'Est de la RDC en général, et en particulier dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu ainsi que dans le district de l'Ituri en Province Orientale. Ces milices et groupes armés perpétuent un climat d'insécurité dans l'ensemble de la région, constate encore l'organe exécutif des Nations Unies. Toutes ces raisons justifieraient la résolution de vendredi dernier. Ainsi l'embargo contre la Rdc est reconduit jusqu'au 31 mars 2008. Cette résolution vise à empêcher le ravitaillement, la vente ou le transfert des armes et matériels connexes, la fourniture de toute assistance, conseil ou formation à caractère militaire à tous les groupes armés étrangers et congolais, toutes les milices du Nord et du Sud-Kivu, de l'Ituri et autres groupes non signataires de l'Accord global et inclusif de Sun City. " Ces sanctions prises en 2003 sont reconduites telles que modifiées et élargies par la résolution 1596 de 2005. Elles renforcent les mesures concernant la surveillance et le contrôle douanier pour empêcher le transfert d'armes et autres matériels en RDC et vers la RDC. Elles concernent aussi le mouvement des personnes impliquées dans ce trafic. " La résolution du Conseil de sécurité impose aux Etats le gel des fonds et autres avoirs financiers et ressources économiques des personnes impliquées se trouvant sur leurs territoires. Par ailleurs, la même résolution a aussi prorogé le mandat du groupe d'experts sur la circulation des armes dans la sous région. Mis en place en juillet 2004, ce groupe est chargé de rassembler et d'analyser toutes les informations relatives aux mouvements d'armes et matériels de guerre, ainsi qu'aux réseaux opérant dans ce domaine, sur la RDC , les Etats de la région et autres. Cela permet au Conseil de sécurité de demeurer activement saisi de la question ". Deux poids deux mesures Il est curieux de constater que lorsque le Conseil de sécurité parle de la Région, au lieu de voir tous les pays, il n'a les yeux que sur la Rdc. Le fait qu'il y ait des groupes armés en Rdc n'est pas un argument valable lorsqu'on sait que la neutralisation de ces milices requiert une armée équipée. Lorsqu'on empêche à la Rdc de s'équiper, comment peut-elle combattre ces groupes armés ? Il est bon ce menacer les pays et les personnes qui trafiqueraient des armes en Rdc, mais est-ce une raison pour sanctionner la Rdc ? Pourquoi n'impose-t-on pas le même embargo aux pays voisins de la Rdc ? Car, il est plus facile de faire entrer des armes au Congo à partir du Rwanda et de l'Ouganda qu'à partir des pays lointains qui ont à faire face à des formalités très compliquées. En outre, à moins de feindre une certaine cécité diplomatique, tous les pays et le Conseil de sécurité de l'Onu connaissent l'implication du Rwanda dans l'armement des milices rrwandophones dont le Cndp de Nkundabatware. On a vu le Rcd/Goma sortir du néant et disposer des chars et autres blindés avec lesquels il est allé à la conquête de larges territoires congolais. On connaît également l'implication de l'Ouganda sur l'insécurité dans l'Ituri. Ainsi, le Mlc de JP Bemba et autres sont sortis du néant et se sont vus armés jusqu'aux dents pour combattre le régime de Kinshasa. Le Conseil de sécurité ne s'est jamais réellement occupé de ce qui n'est pas un simple détail. Pourquoi laisse-t-on le Rwanda et l'Ouganda s'armer, eux qui ont démontré leur capacité inouïe de troubler la paix en Rdc ? Le non dit de cette sanction Pour comprendre l'idée qui se cache derrière la logique qui sous-tend ces sanctions du Conseil de sécurité sur la Rdc, il faut remonter aux origines de la dernière guerre d'agression. Quand le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi, dans une coalition diabolique ont agressé la Rdc, on a cherché à trouver une explication à cette agression. Il fallait une explication qui ne permette pas à la communauté internationale à se faire mauvaise conscience. C'est ainsi qu'on a accusé Laurent Désiré Kabila de préparer un génocide tutsi au Congo après qu'on l'ait accusé d'être le boucher des hutus. On voulait ainsi inventer le diagnostic de la rage afin de pouvoir noyer le chien indésirable, pour ne pas dire "son chien". Car, M'Zée n'était le chien de personne. C'est l'argument que certains Etats avaient devant leur opinion publique. On constate que ce qui était la rage justifiant la noyade de la Rdc pour certains pays, est devenu la raison du Conseil de sécurité. Agressé, le Congo était désormais considéré comme le bourreau " des Tutsi ". Bien plus, même si on ne le dit pas clairement, hypocrisie diplomatique oblige, le Conseil de sécurité a toujours considéré la Rdc comme un danger pour le régime rwandais. L'argument est que la Rdc nourrirait l'envie de renvoyer un jour les Interahamwe et les Fdlr, armes à la main, pour déstabiliser le régime de Paul Kagame. Partant de cette logique, on fait croire que la Rdc aurait intérêt en la présence de ces milices rwandais accusées d'avoir perpétré le génocide de 1994 au Rwanda. Pour s'en convaincre, le Conseil de sécurité de l'Onu se met à l'écoute de la diplomatie rwandaise. Les justifications de la Rdc apparaissent à des gouttes d'eau sur les plumes d'un canard. Les mesures prises contre la Rdc entrent donc dans la logique de protéger le régime tutsi rwandais comme on protégerait la prunelle de ses yeux ". En clair, on empêche à la Rdc de s'acheter les armes de peur de les mettre après aux milices rwandaises qui les utiliseraient contre le régime de Kigali. Au-delà de ces mesures iniques Que cache cette volonté obstinée de la communauté internationale de continuer à mettre la Rdc sur le banc des accusés alors qu'il apparaît clairement que c'est ce pays qui est la victime permanente de ses voisins ? La Rdc a fait beaucoup d'efforts jusqu'au sacrifice pour se conformer aux exigences de la communauté internationale. Tous ces efforts ont été couronnés par des élections qui passent parmi les mieux organisées du continent. Kinshasa a plus d'une fois démontré qu'il n'avait aucune envie de déstabiliser un pays voisin. La Rdc, sentiment à part, a un régime plus démocratique que les régimes rwandais et ougandais. Tenant compte du fait que le Conseil de sécurité de l'Onu est plus à l'écoute des pays qui font de la Rdc le bouc émissaire de l' incapacité passée d'empêcher le génocide rwandais, il faut craindre que demain qu'ils aillent jusqu'au bout de la logique de Paul Kagame, celle de faire des provinces du Kivu, le Kossovo de l'Afrique centrale. C'est la raison pour laquelle les mouvements Maï-Maï dérangent. Car, avec eux, la " kossovisation " de la Rdc ne sera pas une promenade de santé. Mais, il revient à ceux qui ont la charge de la diplomatie congolaise d'en tenir compte. J. Diana G.
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22 janvier 2008
Nkundabatware amnistié, mais rien ne change

KUNBOYS

Ci-dessus: Les Kunda Boys


mardi 22 janvier 2008, par O.P.B.K


*L'option de l'amnistie en faveur de Nkundabatware semble se préciser. Ce qui reste à savoir, qui en aura la responsabilité. *La question qui reste également sans réponse, c'est celle de savoir si la conférence de Goma, au regard des textes fondateurs, a le pouvoir d'amnistier les insurgés ? *Le Cndp relativise la légitimité du gouvernement de Kinshasa estimant que cette légitimité n'est ni éternelle ni un chèque en blanc. *Dans ses propositions, le Cndp exige une nouvelle armée sur base d'un nouveau processus de brassage, le premier ayant échoué à son avis. *Les partisans de la thèse de l'amnistie en faveur de Nkundabatware doivent dire s'il faut suivre cette logique jusqu'au bout ? *Nkundabatware ne reconnaissant pas les mandats d'arrêt lancés contre lui, peut-on l'amnistier pour des fautes non reconnues ? Quelle sera la pédagogie de cette amnistie ? Ce sera une amnistie pour quelle catharsis ?

La conférence de Goma livre enfin ses vrais enjeux. Le développement et la paix de deux provinces du Kivu semblent être le catalyseur de ces vrais enjeux que sont le positionnement politique et l'esquive de la justice. Pour s'en rendre compte, il faut lire attentivement, avec l'esprit critique, la déclaration du représentant de Nkundabatware à cette conférence. Enfin, ceux qui craignaient une conférence taillée sur mesure n'avaient pas tort. C'est ainsi que la question de l'amnistie en faveur de Nkundabatware a occupé la conférence. On avait survolé toutes les questions et on a fait de la « masturbation » politique et intellectuelle. Finalement, on est revenu à cette question essentielle.

Plusieurs schémas ont été envisagés à tel point que l'amnistie elle-même ne posait plus problème. La question que l'on se pose est celle de savoir comment. Il y a la proposition selon laquelle la question devrait être soumise au parlement. Personne ne veut prendre la responsabilité d'amnistier le chef du Cndp. Cela démontre le sérieux de la question. Ce ne sera pourtant pas la première fois que telle décision sera prise. On se souvient du sort réservé aux chefs de guerre du Rcd, du Mlc, sans oublier ceux de l'Ituri.

La différence avec Nkundabatware, c'est qu'à Sun City, tous les Congolais, sans distinction, avaient pris la résolution selon laquelle : plus jamais ça. On peut être en dehors du processus électoral, mais on ne peut pas contester l'Accord global et inclusif qui avait inspiré la Constitution de la transition qui, déjà, condamnait tout recours à la force pour prendre le pouvoir ou revendiquer quoi que ce soit.

On a aussi entendu parler de la proposition que l'amnistie ne soit pas individualisée, mais prise globalement en faveur de tous les mouvements armés. C'est la proposition qui semble avoir l'adhésion de beaucoup de conférenciers. Cela interdit-il que l'on passe par le parlement, même s'il s'agirait d'une amnistie globale ? D'autre part, le CNDP se plaint à son tour d'être traité sur le même pied d'égalité que la vingtaine d'autres groupes armés et réclamerait toujours des négociations directes avec le gouvernement.

Sur base de quoi peut-on faire confiance à Nkundabatware ?

Rien ne permet de faire confiance à Nkundabatware, ni son passé ni son présent. Son futur est davantage insécurisant. Ce n'est pas Muhombo Muhima, l'un des responsables Maï-Maï qui nous démentirait. Car, s'est-il rendu compte : « Nous croyions que nous avions en face de nous des hommes honnêtes, respectueux de leurs engagements, le comble est de voir que nous avons été piégés ».

Il parle des combats qui ont repris au moment où tous les espoirs étaient permis à la conférence de Goma. Cette technique est propre à Nkundabatware. Rien ne dit qu'il ne se comportera pas comme jadis après le mixage décidé à son avantage. Il avait agi de la même façon après Sun City. C'est partant de cette méfiance vis-à-vis de Nkundabatware que ce responsable des Maï-Maï a déclaré que son mouvement, mieux « la coordination des groupes Maï-Maï de la province n'est pas concernée par ce désengagement ». Malgré ces hésitations, ces réserves des Maï-Maï, le président du comité des sages, Vital Kamerhe ne s'est pas empêché d'afficher un grand optimisme. « Au début nous étions un peu hésitants quant à l'aboutissement heureux de nos travaux. Après avoir suivi les déclarations des communautés locales, nous allons maintenant écouter ceux-là qui ont choisi le chemin des armes... » Ne fallait-il pas attendre que les groupes armés parlent pour afficher le moindre optimisme ?

Les preuves de la mauvaise foi du Cndp

Le délégué du Cndp n'est pas sans arrogance. A partir de son accoutrement, on sent ce que ce mouvement veut. Il y a un certain messianisme dans le chef de ce mouvement. Il est mentionné sur sa veste : « Rebels for Christ. Protecteur des orphelins et des opprimés », Cette inscription en français est reprise en écriture judaïque. On a vite fait allusion au peuple juif opprimé dans le monde. Cette allusion est-elle gratuite ? Dans le fait oui. Car, les Tutsi congolais n'ont jamais connu ce qu'avaient connu les Juifs. Mais dans la tête de Nkundabatware et les siens, cette oppression est évidente. Ils ne peuvent la nier dans la mesure où c'est l'explication qu'ils donnent au recours aux armes pour se faire justice.

Quand le délégué du Cndp prend la parole, c'est pour confirmer toutes ces appréhensions. Il déclare avoir reçu l'invitation de la conférence, alors que Nkundabatware avait dit n'avoir jamais reçu l'invitation. Fallait-il une invitation pour la personne de Nkundabatware et une autre pour son mouvement le Cndp ?

« Le Congrès National pour la Défense du Peuple, CNDP en sigle, est heureux d'avoir été invité aux présentes assises et de se retrouver parmi vous », La définition du mouvement telle que faite par son délégué à Goma ne traduit aucune réalité. « Le Congrès National pour la Défense du Peuple est un Mouvement politico-militaire congolais, authentiquement national et même nationaliste, au sens noble du terme, c'est-à-dire patriote sans être xénophobe, soucieux de la souveraineté nationale et de l'intégrité du territoire, sans avoir l'obsession de l'encerclement et fier de vouloir pour son pays et pour son peuple un destin de grandeur et de dignité, sans arrogance ni mépris envers qui que ce soit ». Qui peut croire à ces paroles vides et mensongères sans paraître naïf ?

Du mensonge au délire et à la manipulation

Du mensonge au délire, le délégué du Cndp accouchera davantage de petits éléphants, notamment en déclarant : « Comme vous nous avez vus alignés devant vous, nous provenons de plusieurs communautés ethniques et de plusieurs provinces de notre pays. Alignés devant vous, nous sommes par ordre alphabétique : Hunde, Hutu, Kongo, Lega, Luba, Nande, Ngbandi, Nyanga, Shi, Tetela, Tutsi, etc. ».

L'homme du Cndp prétend avoir été pour le dialogue. Le recours aux armes, selon lui, aurait été une façon d'anticiper la conférence qui se tient maintenant à Goma. Véritable couleuvre difficile à avaler lorsqu'on sait que la guerre de Nkundabatware remonte à son refus de prendre ses fonctions au sein de l'armée nationale.

« Notre tort, poursuivra-t-il, serait donc d'avoir décidé, devant la complaisance ou l'impuissance des pouvoirs publics, d'enrayer cette menace, en entreprenant de débarrasser notre pays, quoiqu'il arrive ou quoiqu'il en coûte, de ce fléau qui gangrène mortellement notre nation et qui porte un nom, à savoir : ex-FAR/Interahamwe, déguisés en FDLR, ADF/NALU, FNL/palipéhutu », Qui avait donné à Nkundabatware ce mandat ? Ce faux prétexte est une des preuves qu'on ne peut pas prendre le Cndp au sérieux. Se rendant compte de cette supercherie, le délégué du Cndp cherche une excuse en mettant en doute la légitimité du pouvoir. « ... la légitimité n'est pas acquise pour l'éternité. Elle n'est pas un chèque en blanc que l'on remplit discrétionnairement et à volonté. Elle se mérite tous les jours par la capacité de ses détenteurs à répondre aux aspirations tout aussi légitimes de leurs concitoyens ».

Apparemment, le Cndp refuse toute notion de loi et de légalité. Personne ne dit avoir reçu une légitimité éternelle. C'est pour cela que la majorité au pouvoir a un mandat de cinq ans. Si elle ne s'assume pas comme il faut, le peuple, seul souverain, en décidera après cinq ans. Le même peuple donnera le mandat à une autre majorité. Il en est de même des Interahamwe. Si le gouvernement n'a pas réussi à les rapatrier au Rwanda, on ne voit pas Nkundabatware le faire avec succès. La question des Interrahamwe comme raison de prendre les armes, est une man½uvre, une façon de justifier le soutien de Kigali, sinon de le solliciter.

Le Cndp , donneur de leçons

Le délégué du Cndp a loué Vital Kamerhe pour avoir caressé son mouvement dans le sens des poils, le contraire nous aurait étonné de la part du président des sages. Il a distribué de mauvais points à ceux qui ont estimé de leur droit d'afficher une certaine rigueur contre les dirigeants du Cndp. C'est propre à Nkundabatware de penser qu'il aurait tous les droits pendant que les autres devraient suivre ses leçons en silence absolu. Il a accusé (sans preuves) le gouvernement de créer des milices, mais lui se croit permis de créer un mouvement politico-militaire.

Il prétend qu'il y aurait quelqu'un qui aurait refusé que la conférence trouve de solutions aux problèmes qui se posent. " Le CNDP regrette qu'il ait été affirmé à cette tribune que les présentes assises n'auraient pas le mandat d'apporter des solutions durables aux questions qui se posent au pays, mais qu'elles se contenteraient de faire des propositions aux institutions... " Faire des propositions, est-ce refuser de trouver des solutions ?

Des propositions fantaisistes

Le Cndp a demandé " le rétablissement de la Commission " Vérité et Réconciliation ", la permission aux exilés de rentrer au pays, le rapatriement et la réinsertion de nos compatriotes réfugiés dans les pays voisins, le retour sans condition de Jean-Pierre Bemba Gombo, la formation d'une armée nationale et républicaine sur base d'un processus de brassage autre que celui en cours.

Enfin, le Cndp ignore avoir connaissance des mandats d'arrêt et exige leur retrait pur et simple pour cause qu'ils seraient sans fondement. Peut-on amnistier quelqu'un pour des fautes non reconnues et qu'il rejette ? Il est visiblement sans remords de tout ce qu'il a fait. Alors quelle sera la pédagogie de cette amnistie ? Quelle est la catharsis attendue de cette amnistie ?

Enfin, il exige " des négociations directes entre belligérants par le biais d'une médiation neutre et selon des modalités acceptables par tous ", Ce sont là, selon le Cndp, les conditions de paix au Kivu. Pourquoi ne pas dire que Nkundabatware a pris la conférence à la gorge ? Demain, on ne sait pas, ce qu'il aura comme revendications chaque fois qu'il estimera que les institutions ne lui donnent pas satisfaction. Les mêmes causes, dans les mêmes circonstances, produisent les mêmes effets. Comme quoi, l'amnistie pour Nkundabatware ne sera pas une solution à la situation de guerre à l'Est. On s'attend qu'après avoir été amnistiés, les dirigeants du Cndp réclament non seulement intégration dans l'armée, mais aussi l'interdiction de les envoyer ailleurs qu'au Kivu. Faudra-t-il boire ce poison jusqu'à la lie ? Aux partisans de l'amnistie de répondre.

JDG

Posté par CongoMelingo à 16:53 - GUERRE DE L'EST DU CONGO -
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#Posté le jeudi 11 juin 2009 03:13

Vital kamerhe l'homme sage

Vital kamerhe l'homme sage

Kabila, Nkunda, Rwanda, armée, contrats chinois, droits de l'homme... le très médiatique président de l'Assemblée nationale congolaise se livre sans détour à propos de la grave crise que traverse son pays.
Il aura 50 ans dans trois mois et tout l'avenir devant lui. Au c½ur de la tempête qui balaie l'est de la République démocratique du Congo, Vital Kamerhe, président de l'Assemblée nationale depuis un peu plus de deux ans et numéro deux de facto du pays, fait entendre sa voix. Lui-même originaire du Sud Kivu, il a, le 28 octobre, fait adopter par les députés un plan de sortie de crise prônant le dialogue avec le général rebelle Laurent Nkunda et un programme économique pour éradiquer la pauvreté, « base de la violence dans cette région ».
Un programme pas forcément conforme aux desiderata du pouvoir, mais bien dans la manière de cet homme indépendant et atypique, populaire et parfois populiste, très soucieux de sa propre trajectoire et de son image au sein de l'opinion et qui a toujours fondé son soutien au chef de l'État, Joseph Kabila, sur la base d'un parler vrai et parfois d'un parler cru. De passage à Paris, fin novembre, il s'explique. Sans langue de bois.

Jeune Afrique : Laurent Nkunda est-il une « création » du Rwanda, comme on le dit à Kinshasa ?
Vital Kamerhe : Il ne servirait à rien, alors que nous recherchons la paix, de prononcer ce genre de phrase provocatrice. Chacun sait d'où viennent Nkunda Batware et son mouvement, c'est un secret de polichinelle. Mais il ne serait pas bon que cela sorte de la bouche du président de l'Assemblée nationale. Nkunda et ses troupes sont une réalité avec laquelle nous devons compter. Les intégrer dans les institutions de la République, sous certaines conditions, ressort de la même logique qui nous a conduits hier à intégrer Jean-Pierre Bemba et Azarias Ruberwa au sein de ces mêmes institutions, c'est une nécessité. Prenons Nkunda au mot et discutons.
Pourquoi le Kivu est-il une poudrière ?
Parce que le Kivu est riche et que cette guerre est avant tout une guerre pour l'appropriation des minerais de l'est de la RD Congo. Les intérêts miniers sont partout : derrière Nkunda, derrière les ex-FAR et les Interahamwes, derrière le Rwanda, derrière certains complices congolais. La réalité est simple. La plupart des mines du Nord-Kivu sont sous le contrôle physique des rebelles rwandais. Ce sont eux qui exploitent le coltan, la cassitérite et l'or, mais ce ne sont pas eux qui achètent et exportent ces minerais. Via toute une série d'intermédiaires, dont certains sont congolais, ces produits de notre sous-sol se retrouvent à Kigali, qui en est devenu la principale place d'exportation vers l'Asie et l'Occident, parfois aussi à Bujumbura ou à Entebbe en Ouganda. C'est paradoxal, mais c'est ainsi.
Les autorités rwandaises ont toujours nié être partie prenante dans ce genre de trafic...
Je ne crois pas une seconde en leurs dénégations. Tous les experts savent que je dis vrai. Quoi qu'il en soit, la seule solution est d'établir une traçabilité de ces « minerais du sang », comme pour les « diamants du sang » de la Sierra Leone et du Liberia. Parallèlement, il faut relancer la Communauté économique des pays des Grands Lacs, la CEPGL, seule à même de fournir à un petit pays trop densément peuplé comme le Rwanda un espace écono¬mique où mieux respirer.
Êtes-vous favorable à l'envoi d'un contingent angolais au Kivu ?
Tout à fait, à cent pour cent. Ce sont des troupes africaines, qui connaissent bien nos réalités. Cela ne doit pas inquiéter le Rwanda, lequel aura la possibilité de dépêcher des officiers au sein de l'Observatoire international prévu pour rassurer les uns et les autres. Ces forces angolaises auront en effet pour objectif, entre autres, de nous aider à désarmer les ex-FAR et les Interahamwes, une tâche complexe pour laquelle notre pays a besoin de l'implication de toute la communauté internationale. S'il était aussi facile de résoudre ce problème, je pense que les Rwandais, qui ont occupé pendant cinq années le Kivu, y seraient parvenus.
Nkunda a-t-il un avenir politique à Kinshasa ?
Pourquoi pas ? À condition qu'il sache qu'on ne devient président qu'après avoir remporté des élections démocratiques. S'il veut le poste, il lui faudra être candidat en 2011. Et gagner dans les urnes.
Pourquoi l'armée congolaise est-elle incapable de venir à bout de la rébellion ?
Parce que l'histoire se répète et que cette flambée de rébellion à l'Est survient au plus mauvais moment. Il y a onze ans, c'est avec l'aide de certains généraux de Mobutu que Laurent Désiré Kabila a pu prendre le pouvoir. Aujourd'hui, nous avons une armée composite en pleine restructuration, au sein de laquelle les frustrations sont encore nombreuses parmi les officiers – qui souffrent de la superposition de plusieurs centres de commandement – et d'où le tribalisme n'est pas absent. Entre Nkunda et ses hommes, qui proviennent tous du RCD-Goma [Rassemblement congolais pour la démocratie, NDLR], et certains cadres issus de ce même mouvement et qui ont été intégrés au sein de notre armée, il y a encore des sympathies, des connivences. En réalité, cette armée est le produit bancal d'un partage entre une demi-douzaine de forces autrefois antagonistes. Une armée que l'on découpe ainsi comme un gâteau ne peut être que fragilisée. D'ailleurs, le chef de l'État lui-même avait à l'époque exprimé les plus vives réserves quant à cette façon de procéder. La suite lui a donné raison.
Cela n'explique pas l'indiscipline et les pillages.
C'est vrai qu'on a trouvé, en vente dans les magasins de Kisangani, des stocks de rations militaires. Il y a donc eu des détournements. Comment voulez-vous qu'un soldat qui ne mange plus depuis trois jours parce que ses chefs ont trafiqué avec sa nourriture ait un comportement normal ? Tout cela nous place dans une position telle que nous n'avons pas d'autre choix, aujourd'hui, que de privilégier une solution politique et diplomatique du conflit afin d'éviter les humiliations et les pertes humaines inutiles. Discuter avec Nkunda, donc, mais aussi rétablir nos relations avec le Rwanda.
Pouvez-vous vous entendre avec le président Kagamé?
Ce n'est pas une question de sentiments, mais une affaire d'intérêts. Même en pleine guerre froide, les États-Unis et l'URSS n'ont jamais rompu leurs relations diplomatiques. Nous sommes condamnés à nous entendre.
Des crimes de guerre ont-ils été commis au Nord-Kivu ?
C'est une évidence. Nous en avons tous vu les preuves sur France 24.
Par qui ?
Ce sera à la justice internationale de le dire. Je souhaite que tous ceux qui ont commis ce type d'actes, quels qu'ils soient, soient déférés devant la CPI [Cour pénale internationale, NDLR].
Le gouvernement rwandais accuse votre armée de collaborer avec les ex-FAR et les Interahamwes, lesquels combattraient à vos côtés. Qu'en dites-vous ?
Où sont les preuves de ces accusations ? Qu'on me les montre ! Pour le reste, ce n'est pas parce que le Rwanda a vécu un génocide épouvantable que le Kivu doit connaître un holocauste. Quittons plutôt le terrain malsain des accusations réciproques pour celui des solutions. Plus de trois mille rebelles rwandais ont déjà été rapatriés chez eux. Que la paix revienne, et l'opération de neutralisation de ces éléments reprendra.
Le président Kabila vient de limoger le chef d'état-major général de l'armée, le général Kayembe, et de le remplacer par le général Etumba. Êtes-vous d'accord?
Oui, il n'y a pas de mauvaises troupes, dit-on, il n'y a que de mauvais chefs. Le lieutenant général Didier Etumba Longila, qui est un professionnel formé à l'École royale militaire de Belgique et un ancien des Forces armées zaïroises, a la réputation d'être un bon chef. Mais changer la tête ne suffit pas. Notre armée souffre d'un mal qui la ronge. Quelle chaîne sécurisée faut-il mettre en place pour que la solde parvienne jusqu'au front sans être amputée ou détournée ? Comment faire en sorte que cette armée qui compte autant d'officiers que de soldats puisse enfin se conformer aux standards internationaux ? Comment rajeunir des effectifs composés pour moitié d'hommes de plus de 45 ans ? Les vrais défis sont là. Notre armée a besoin d'une réforme en profondeur.
Votre bureau de président de l'Assemblée, à Kinshasa, est désormais occupé par le chef de l'État, ce qui a soulevé beaucoup de polémiques. Comment en est-on arrivé là ?
Le président Kabila a souhaité, dans le cadre de l'« union sacrée » contre les périls qui menacent l'est de notre pays, pouvoir mener des consultations permanentes avec les élus du peuple. Ce qui est une bonne chose. C'est moi qui lui ai proposé de s'installer dans mon bureau plutôt que de le voir siéger dans une salle d'attente en pleine session parlementaire. Tout cela est provisoire, bien entendu.
Est-il vrai, comme vos adversaires le disent, que vous avez fait récemment l'acquisition d'une luxueuse villa à Rabat, au Maroc ?
Grotesque. Cela dit, Rabat est une belle ville. Si un généreux donateur est prêt à m'y offrir une villa, qu'il me le fasse savoir !
La rumeur a fait de vous un candidat sérieux au poste de Premier ministre, avant que vous soyez battu sur le fil par Alphonse Muzito.
À tort. Mais c'est vrai que la rumeur a couru avec insistance, au point que le chef de l'État lui-même y a cru. Je suis très bien à l'Assemblée nationale. Le président de l'Assemblée, je vous le rappelle, est le numéro deux du pays dans l'ordre protocolaire, devant le président du Sénat et le Premier ministre.
Et puis, vous êtes originaire de l'Est, comme Kabila...
Ça, par contre, c'est un faux argument. Kengo wa Dondo, qui fut de loin le meilleur des Premiers ministres de Mobutu, était comme lui un Ngbandi de [la province de] l'Équateur – ce qui ne l'a pas empêché d'être objectif.
Quel est l'état de vos relations avec Joseph Kabila ?
Elles sont bonnes. Même si ma position de législateur me met parfois en équilibre délicat entre le pouvoir exécutif et ma propre famille politique. Les lois que nous élaborons doivent être le plus impartiales possible. À moi de donner au président, pour qui j'éprouve le plus grand respect, le conseil juste au bon moment. Soutenir Joseph Kabila, qui a l'immense mérite d'apporter la paix à ce pays et dont la tâche est lourde, ce n'est pas le flatter, encore moins lui mentir et lui cacher la vérité.
Existe-t-il un gouvernement parallèle autour de Joseph Kabila ? Une sorte de cabinet de l'ombre ?
Ce n'est pas une spécialité congolaise, comme vous le savez. Tout ce que je souhaite, c'est que ce cabinet parallèle, s'il existe, agisse dans le sens du bien commun et pour le bien du chef de l'État lui-même, qui le mérite amplement. Des éminences grises, pourquoi pas. Mais ne perdons pas de vue que notre perspective, c'est la présidentielle de 2011 et la réélection souhaitable de Joseph Kabila.
Que pensez-vous des fameux contrats chinois ?
L'objectif visé est tout à fait louable. Qui pourrait s'opposer à ce qu'il y ait, au Congo, plus de routes, d'infrastructures et de chantiers ? Mais partager cela ne signifie pas qu'il faille s'interdire de renégocier au besoin telle ou telle clause des contrats. Ce devoir de vigilance n'implique évidemment pas que l'Assemblée nationale ait des arrière-pensées obscures, non. Les recommandations que nous avons formulées au gouvernement sont claires : nous constatons que les contrats chinois sont financés par notre cuivre et notre cobalt. Or les cours de ces minerais sont actuellement à la baisse. Exemple : le cuivre était coté à 9 000 dollars la tonne au moment de la conclusion des contrats. Il est aujourd'hui à 3 000 dollars. A-t-on prévu cette évolution ? Je crains que non. Dès lors, quels palliatifs faut-il mettre en place ? Et quelles garanties avons-nous obtenues de la part des Chinois que les réalisations fournies seront pérennes, en matériaux durables et respecteront l'environnement ? J'ai posé ces questions, et les réponses que l'on m'a fournies ne sont pas satisfaisantes. Il va donc falloir rediscuter. Et puis, il faudra bien que ces chantiers démarrent un jour. On nous a dit qu'ils démarreraient le 1er août. Cinq mois plus tard, rien n'a commencé. Enfin, il est impératif de lancer un vrai débat sur ce qui fonde notre avenir. Dépendre exclusivement d'un secteur minier aussi volatil n'est pas une solution. Développer l'agriculture, exploiter nos énormes potentialités en ce domaine : voilà la voie à suivre.
Le président Kabila admet-il que vous pratiquiez en permanence le soutien critique ?
Quand nous parlons ensemble, il me donne l'impression de me comprendre. Joseph Kabila est un démocrate, il sait écouter et il sait aussi que je ne le tromperai pas. Mais ce n'est pas toujours facile. Moi-même, en tant que président de l'Assemblée nationale, j'ai du mal à admettre certaines critiques et il faut une bonne dose d'ascèse pour se rendre compte que cela permet de rectifier ce qui doit l'être.
Le deuxième vice-président de ¬l'Assemblée nationale a fait scandale à Kinshasa en vous accusant publiquement d'avoir détourné... sa propre épouse à votre profit !
Avant de se rétracter, de m'envoyer une lettre d'excuses et de faire amende honorable devant les élus du peuple ! C'est le genre d'affaire qui n'arrive qu'à Kinshasa. Je lui ai pardonné, alors que certains me conseillaient d'en profiter pour l'achever politiquement. Je dois avoir un grand c½ur. Et puis je pense que ce monsieur a été manipulé par des forces qui me sont hostiles.
Les ressortissants de l'Équateur, province dont Jean-Pierre Bemba est originaire, se plaignent de violences, de tracasseries et de discriminations de la part des forces de l'ordre. Que faites-vous pour eux ?
Je me suis saisi de cette situation. J'en ai parlé au chef de l'État, qui était étonné d'apprendre cela et qui m'a assuré que des dispositions allaient être prises pour y mettre un terme. J'ai également écrit en ce sens au Premier ministre. Ces abus, dit-on, sont le fait de militaires. Or je constate que le nouveau patron de l'armée, le général Etumba, est lui-même originaire de l'Équateur. Il aura donc particulièrement à c½ur de résoudre ce problème. En ce qui concerne les services de sécurité, dont certains citoyens se plaignent également, l'Assemblée compte renouveler cette année son appel à leur endroit : qu'ils se conforment, le plus scrupuleusement possible, aux règles internationales en matière de respect des droits de l'homme, tout particulièrement des détenus.
Vous avez combattu avec vivacité Jean-Pierre Bemba. Vous réjouissez-vous de le voir en prison à La Haye ?
En aucun cas. Jean-Pierre Bemba est un compatriote. Je pense à ses enfants, je pense à sa femme, qui est une amie proche de ma petite s½ur. Et je dis : « Que Dieu l'assiste. »
Êtes-vous toujours aussi ambitieux ?
Que voulez-vous dire par là ? Être réélu député en 2011 ? Briguer à nouveau la présidence de l'Assemblée ?
Briguer la magistrature suprême...
Ce n'est pas à l'ordre du jour et cela ne se passe pas ainsi chez nous. C'est le parti qui présente son candidat à l'élection présidentielle.
Vous pourriez dire aussi : « Je ne serai jamais candidat contre Joseph Kabila. »
Nous ne sommes plus à l'époque de Mobutu, quand on faisait croire au chef qu'on était prêt à mourir pour lui, avant de le trahir à la première occasion. Ce qui m'importe, c'est que le PPRD [Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie, NDLR] demeure le premier parti du Congo, au service du peuple, du pays et du président démocratiquement élu.
Êtes-vous populaire ?
Ce n'est pas à moi de le dire. Je remarque simplement que, même en Europe, je ne peux pas faire trois pas dans la rue sans qu'un Congolais vienne me saluer. Qu'en est-il au Congo ? Venez et vous jugerez par vous-même...
Avez-vous peur pour le Congo ?
Oui et non. Nous sommes capables des pires déchirements, mais aussi des plus belles retrouvailles. Il ne faut jamais désespérer du Congo.
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#Posté le mercredi 10 juin 2009 11:44

Modifié le mercredi 10 juin 2009 11:55

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#Posté le lundi 08 juin 2009 09:02

actualité RDC

en RDC l'armée ne pas capable de protèger la

population contre les exactions de F.D.L.R
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#Posté le mardi 26 mai 2009 05:19

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